Vendredi 29 septembre 2006
Pour les amateurs, voici l'armure démontée, et une brève présentation de chaque pièce :
















1. les kote
篭手/小手 ("panières à mains")






Les kote sont les protections des bras. Ici, je n'ai mis que les lamelles (normalement métalliques), mais ces dernières sont souvent reliées par de la côte de maille. A la place du jeu de lamelles qui protége l'avant bras, il peut aussi y avoir une seule plaque.
Les kote se mettent indépendamment l'un de l'autre. Il y avait des samurai qui préféraient n'en porter qu'un et laisser leur bras droit libre de façon à ne pas être gênés lorsqu'ils manient le sabre, ou tirent à l'arc.






2. les sune-ate 臑当/脛当 ("appliqué sur le tibia")

Appelés aussi sune-yoroi 脛鎧 (armure de tibia), les sune-ate couvrent des chevilles aux genoux. Comme pour les kote, ils peuvent être constituées de lames métalliques, ou alors d'une plaque ceintrée.

Les kakozuri
具摺 "frotte-sangle", les pièces de cuir qui se trouvent vers l'intérieur des jambes, évitent aux lamelles d'entrer en contact avec les sangles des étriers lorsque le samurai monte à cheval.





















































3. le haidate 佩盾/脛楯/膝甲 ("bouclier (tate) de jambe (hagi)")



Appelé aussi hiza-yoroi  膝鎧 (armure de genoux), le haidate se porte sous l'armure, et protège le devant des cuisses































































4. le dô-maru 胴丸



Le dô-maru est en fait la partie qui protège le tronc. On y ajoute les protège-épaules (tsubo-sode 壺袖), et les tassettes (kusazuri
草摺) qui couvrent le haut des cuisses.























































5. le nodowa 喉輪 (gorgeron)



Le nodowa ("rond de gorge") sert à protéger la gorge et donc, éviter de se faire décapiter bêtement. On l'appelait aussi yodare-kake 涎掛 ("bavette"), ou yodare-gane 涎金 ("fer à bave")




































































6. le kabuto 兜/胄 (heaume)





  On l'appelait aussi shugai 首鎧, ou shukô 首甲, qui signifient tout deux "armure de tête". Sous le kabuto, les samurai portent une pièce d'étoffe qui couvre le crâne : le hachimaki 鉢巻, ou yuigashira  結頭.






































































7. le me-no-shita-hô-ate 目下頬当

  Le terme générique des protections du visage est menpô 面頬 ("visage et joues") ou men-yoroi 面鎧 (armure faciale). Lorsqu'elles sont en métal, on les appelle kanamen 鉄面 (masque de fer). Il en existe plusieurs sortes :
- le sômen
総面 couvre tout le visage.
- le hô-ate
頬当 : ne couvre que les joues et le menton. Lorsqu'il protège aussi la bouche, le nez, jusqu'en dessous des yeux, on peut préciser me no shita hô-ate 目下頬当
- le hatsuburi
半首/半頭 se porte sans kabuto, protège le front et les joues.
Le neribô
練頬
désigne un hô-ate fabriqué en cuir travaillé.








8. le tachi 太刀 (sabre)

  A la différence du katana qui est passé dans la ceinture, le tranchant vers le haut, le tachi est suspendu à la ceinture le tranchant vers le bas, pour faciliter le dégainage du sabre à cheval.









































Jaa mata !

Par Shiruban - Publié dans : Japon
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Commentaires

je livre en commentaire et en addendum une série de questions qui m'ont été posées sur un forum, et pour lesquelles j'ai apporté une réponse. Elles intéresseront peut-être d'autres personnes... :



Mad a écrit:
Ma foi, c'est pas mal du tout...

Akaguma :
Merci à toi !

Question:
J'aurais plein de questions en fait :
Quel tissu as-tu utilisé pour faire la base ? (kote, haïdate, suneate...)

Réponse:
Un tissu assez épais, style coton comme base, rembourré avec de la ouatine pour les "mains" des kote et les genoux des sune-ate, puis doublé avec un tissu plus fin (avec de jolis motifs !) pour les parties plus apparentes.

Question:
Peut-on trouver au Japon des magasins qui vendent du tissu pour refaire ces époques là (Sengoku) ? Avec les bons imprimés, les bonnes
matières comme la soie, le lin...

Réponse:
Sans doute, les japonais sont toujours très branchés "reconstitution historique", et leurs tissus traditionnels sont facilement trouvables. Mais je ne saurais pas te dire où ! Bien sûr, ça doit coûter la peau des fesses !

Question:
Ensuite, le kabuto : quand on retourne les kabutos d'époque (j'en ai eu quelques uns dans les mains), on voit un tissu qui sert un peu d'amorti ou en tout cas, qui sert à ne pas avoir la tête directement au contact du casque. Tu parles, toi, de tissu que l'on met autour de la
tête. Comme au kendo. Je sais que ce genre de tissu est effectivement
utilisé pour les kabutos kamakura. Mais après, je ne sais pas...


Réponse :
Connaissant les Japonais, très friands de hachimaki, de préférence ornés d'inscriptions martiales, ils devaient en porter quel que soit le fond du kabuto, ne serait-ce que pour un souçi d'hygiène !


Question:
La pièce la plus difficile à refaire, sans doute, ce serait le mempo.
Là, je me dis qu'il faut avoir un sacré talent pour faire ça...
(Au passage, je remarque que tu t'es fait des dents et que tu n'as pas mis les moustaches... qui auraient caché les dents.)


Réponse :
Exact, je voulais lui donner un style plus "oni"


Question:
Il est aussi en plastique ? Tu l'as fait en faisant fondre les pièces ?


Réponse :
En fait, il est simplement fait en papier-mâché, sur une base de masque en plastique blanc neutre. Je l'ai plastifié à la fin avec un spray.


Question:
Je crois que sous le Mempo, on ne portait rien. Le visage directement au contact de la pièce... on se dit que cela ne devait pas protéger grand chose : le moindre petit choc et on se faisait casser les dents... Ma tendance d'occidental aurait été de porter cette pièce assez loin du visage, la sécuriser avec le casque et de mettre entre la pièce
et le visage un bon matelassage...

Réponse :
Je pense aussi. Mais comme je n'ai jamais eu de menpô entre les mains, je n'ai jamais pu voir s'il y avait un quelconque rembourrage. Le menpô devait bien se caler contre le kabuto, pour ne pas être plaqué contre le visage !
Sur celui que j'ai fait, je n'y avais alors pas pensé. J'aurais dû prolonger les joues.


Question:
Mais comme les bushis ne portaient presque jamais les mempos...
(Je trouve que c'est la pièce qui a le plus de gueule dans l'armure
japonaise...)


Réponse :
Je pense aussi qu'ils devaient plutôt les garder pour parader. Un sômen, par exemple, peut être très impressionnant, mais question visibilité, c'est un peu limité !

Question:
Est-ce qu'il n'y a pas des problèmes de respiration ? De répercussion du son ? (Quand on crie par exemple)

Réponse :
Pour la respiration, ça va, mais quand on parle, ça fait un peu "Dark Vador"


Question:
Pour les Kote, est-ce que le simple laçage en croix suffit à tenir le
tout ? Est-ce que cela ne bouge pas quand on remue trop les bras ?
Ils restent en place ?

Réponse :
En fait, on enfile un kote comme une manche et on passe le pouce et le majeur les boucles prévues à ce effet (j'en ai ajoutée une pour l'auriculaire, pour mieux le caler contre le dos de la main). On le lace sous l'aisselle opposé. Puis on l'ajuste au bras en serrant avec l'autre lacet qu'on noue à la fin autour du poignet.



Question:
Que portes-tu sous l'armure ? Une sorte d'Hitatare ? Je ne crois pas que l'on puisse, là encore, parler de matelassage... mais je ne sais pas trop. Cela fait partie de ces pièces que je n'ai encore jamais vu en vrai.
(Juste des photos...)


Réponse :
Là, je porte un kosode modèle courant (bien que fait-maison). Le matelassage des épaules et du haut du dos est directement fixé au dô-maru.
Tu peux voir dans cet album de mon blog des photos d'armures dont celle que j'avais essayée au Japon.

Question:
Celle que tu avais mis au Japon, était-elle une copie ou une originale ?


Réponse :
C'était une copie, pour de la reconstution, ou pour le cinéma. Elle était en métal, avec une fine maille entre les lamelles des kote et des sune-ate, et tout et tout !


Question:
Dans les deux cas, quel était son poids ?. Qu'est-ce qui t'avait marqué comme impression ?


Réponse :
Je me souviens qu'elle était agréable à porter (le matelassage des épaules joue beaucoup !), et que je n'étais pas trop limité dans mes mouvements. Pour le poids, je ne sais plus trop (c'était il y a sept ans !). Je pense que le dô-maru devait peser une dizaine de kilos... sans trop m'avancer. Evidemment, comme il s'agit d'une réplique, ils ont peut être utilisé un alliage plus léger que celui d'une vraie !

Commentaire n°1 posté par Mad & Akaguma le 02/10/2006 à 13h07
Encore bravo ... question qu'on a déjà du te poser ... çà t'a pris combien d'heure ?
Tu as noté ? Ou Corinne ? ;)
Commentaire n°2 posté par Arfy le 04/10/2006 à 20h32
Il faut une petite centaine d'heures ! Rien que ça !
Commentaire n°3 posté par shiruban le 05/10/2006 à 14h55
Très belle armure !
Commentaire n°4 posté par samourai69 le 20/02/2008 à 13h16
Bonjour, Je voudrais préciser que le tachi était antérieur au katana il était effectivement porté par les bushi. Cette façon de le porter ne facilite pas le dégainer à cheval; tout simplement à l'époque du tachi (Heian, Kamakura Nanbokucho) on ne connaissait pas d'autre manière de faire, ce ne sera que pendant le sengoku-jidai (Muromachi) et avec l'apparition de l'uchigatana initialement prévu pour équiper les ashigaru, que l'on se rendra compte que le fait de porter le sabre dans la ceinture et tranchant vers le haut facilitait le dégainer. J'ai pu voir aussi sur Forum Japon que vous avez attribué le Tonbogiri à Muramasa, c'est une grossière erreur, le Tonbogiri fut forgé par Fujiwara Masazane.
Commentaire n°5 posté par Inoue le 18/10/2008 à 13h50
Merci pour votre commentaire ! Heureusement, je n'ai nullement prétendu que l'uchi-gatana était antérieur au tachi... je suis bien d'accord avec vous sur ce sujet. :-) En ce qui concerne tonbo-giri, il se trouve que justement, comme l'indique l'article suivant, Fujiwara Masazane est issu de l'école Muramasa. http://ja.wikipedia.org/wiki/%E6%9D%91%E6%AD%A3
Commentaire n°6 posté par Sylvain / Captain Horus le 19/10/2008 à 22h38
Pour Masazane, la situation est confuse d'après certains experts; il aurait travaillé dans plusieurs écoles; son style de forge ne corespond pas vraiment à celui de l'école Sengo. de récentes recherches font penser que Masazane serait en fait le même que Kanabo fujiwara Masazane. l'école Kanabo étant issue de la tradition Yamato alors que l'école Sengo (Muramasa) est issu de la tradition Soshu. (référence Nihonto koto jiten; Nihonto koza et koto nyumon).
Commentaire n°7 posté par Inoue le 24/10/2008 à 21h39
Donc, en somme, dire que Tonbo-giri est une lame Muramasa n'est pas une si "grossière erreur", puisque même pour les experts, la situation de Masazane est confuse ! ;-)
Commentaire n°8 posté par Sylvain le 11/11/2008 à 12h24
"Donc, en somme, dire que Tonbo-giri est une lame Muramasa n'est pas une si "grossière erreur", puisque même pour les experts, la situation de Masazane est confuse ! ;-)" En fait si, quand on parle de lame Muramasa on parle de lames forgées et signées par Muramasa (shodai, nidai ou sandai). Le nom de l'école fondée par Muramasa est l'école Sengo, donc les lames de forgerons tels que Masazane ou Masashige n'ont jamais été, ne sont pas et ne seront jamais des lames Muramasa, elles sont des lames Masazane ou Masashige. L'interdit ordonné par le shogunat ne portait que sur les lames signées Muramasa pas sur les lames signées Masazane ou Masashige ou autre forgeron de l'école Sengo.
Commentaire n°9 posté par Inoue le 11/11/2008 à 20h50
Très bien, je vois !
Et tant mieux pour Honda Tadakatsu !
Déjà que le choix du nom "tranche-libellule" n'était pas très heureux, vu que la libellule est aussi considérée comme la protectrice de l'Empereur.
Réponse de Shiruban le 11/11/2008 à 22h46
Bravo por votre armure japonaise!

Il y a un site web que je vous recommande de visiter:

http://www.usagijuku.com/indexstus.html

En regardant dans le volet en haut de la page, il y a un lien dénommé: "Process". Vous pouvez créer votre propre armure ainsi! Peut-être que vous voudriez embellir votre armure? Bon ocurage et féléicité pour votre accomplissement. Je vous encourage bien gros aller aux conventions japonaises et participer aux masquerades!

Bien à vous!
Ladybahamut (MJC)
Gatineau, Québec, Canada
Commentaire n°10 posté par Ladybahamut le 22/03/2009 à 16h06
Bonjour, Ladybahamut !
Je connaissais déjà ce lien pour faire de superbes armures en carton, mais merci tout de même !
Je pense en fabriquer une nouvelle pour un prochain GN (LARP). Elle devrait être encore plus jolie !!! :-D
Je participe à de nombreuses conventions japonaises, et je dois avouer que mon armure rencontre un certain succès !
Merci encore !
Bonjour au Québec ! :-D
A bientôt !
Sylvain
Réponse de Shiruban le 22/03/2009 à 22h39
Bonjour,

Juste pour vous dire que moi-même je fais une re-création de samurai et je suis fière d'apartenir une yoroi. J'ai ma jument arabe Lisa que je vais débuter son entrainement dès ce printemps pour qu'elle accepte mon armure sur son dos! SVP veuillez me communiquer avec mon courriel et je vous enverrai des photos!

Bonne soirée!
Ladybahamut MJC
Commentaire n°11 posté par Ladybahamut le 22/03/2009 à 22h43
Une yoroi ! Waouh ! Vous devez faire une bien jolie Tomoe Gozen en armure sur votre jument ! :-D
Je regarderai volontiers vos photos.
Voici mon adresse e-mail :
gojira4@yahoo.fr
Réponse de Shiruban le 22/03/2009 à 23h05

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